La fashion Week RTW AH 2012 de Paris, ce qu’il faut retenir ?

RTW AH 2012 ou si vous parlez en bon français : collection prêt-à-porter (ready to wear) automne hiver 2012.

HERMES
Beaucoup de cuir et de daim sur les podiums (trop à mon goût). Oubliez les cuissardes vulgaires, on parle ici de seconde peau pour affronter un hiver digne des steppes de Mongolie ! Alek Wek met le confort au premier plan avec des mailles douces et des couleurs chaudes. Côté pantalon, on ne fait surtout pas d’ourlet, on rembobine sur la cheville.
Des robes soyeuses, des collants et des tuniques fleuries qu’on empile : Klimt is not dead ! Petit clin d’oeil à notre bien chère crise économique avec des complets dignes de traders dévastés, une veste négligée sur l’épaule, chemise blanche impeccable et pince à cravate : austérité de rigueur. Enfin, on ne sort pas sans couvre chef : grand retour du chapeau.

Hermes
Hermes : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

CHLOE
Rouge sanguin, manteau doudou et jupe molletonnée. Oubliez les cols strictes et serrés : on porte sa chemise légèrement débraillée, deux boutons défaits et le tout qui dépasse du pull..

Chloé : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

DIOR
Des fibres chaudes, molletonnées et confortables : le message est clair, si vous ne prenez pas soin de vous, personne ne le fera à votre place ! Notez également l’accessoire qui fout un coup de boule à toute la fashion week : le petit bonnet-cloche, style années 20, qui couvre les tempes des discours pessimistes. Grosses têtes, évitez.. et repassez par la case Hermès.
Des couleurs tendres de jeunes filles en fleurs, des tutus fluos et des saletés de corbeaux noirs : préparez vous à en voir de toutes les couleurs en 2012 ! Comme chez Chloé, on garde bien les pieds sur terre avec des boucles qui garrottent les chevilles et des jupes en-dessous du genou. La taille qui était libre chez Chloé est ici subtilement soulignée.

Christian Dior : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

PAUL AND JOE
Des fleurs s’il vous plait ! Avec une veste molletonnée façon College et des bottines en cuir. Surprise : le velours fait son grand retour. Oubliez les vestes milleraies 70′s et préférez un pantalon en velours uni avec une coupe carotte/droite. Petit hourra à la couleur curry. Collection pas épatante mais Paulo sauve les meubles..

Paul & Joe : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

CARVEN
Confirmation de la tendance VELOURS vue plus haut chez Paul & Joe. On porte même de la dentelle de velours planquée sous un gros pull de maille. Mauvais point pour le retour du demi-col & col roulé blanc. Tendance fin du monde avec les reproductions de Jérôme Bosch. Un peu trop facile de se mettre la corde autour du cou et de crier “2012 c’est la fin” !

CARVEN : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

COMME DES GARÇONS
Si chez Carven, on entrevoyait déjà ce petit côté désespéré, Comme des Garçons se jette carrément dans la gueule du loup avec une collection enflée en couleurs et en volumes, où les silhouettes imitent des petits sumos trempés dans des pots de peinture.  Un message à l’attention de notre société de sur-consommation ? Les modèles fleuris cammouflent quant à eux intégralement le corps des mannequins. Une femme perdue et parquée au fond de son jardin ? On hésite entre le KKK et la burqa…

Comme des garçons : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

CACHAREL
Juste un petit mot sur cette décevante collection de Ling Liu et Dawei Sun (depuis que Cédric Charlier s’est fait remplacer en 2011) : les pastels vous donneraient envie de recracher vos dragées par le nez. On remarque cependant le chapeau d’aviateur en cuir : une réussite qui passe inaperçue derrière l’amoncellement de détails Gatsby le Magnifique version soap et tarte à la crème.

Cacharel : collection prêt-à-porter automne hiver 2012

RAS
La collection Vuitton avec ses chapeaux enflés façon Harry Potter.. Celle de Miu Miu imitant un Austin Power sous acides.. ou encore Isabel Marant et ses motifs country : pas de classe à Dallas…

à gauche : Louis Vuitton, au centre Miu Miu, à droite Isabel Marant

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DEPARA, NIGHT AND DAY IN KINSHASA @ REVUE NOIRE

Nichée dans une petite rue résidentielle collée au cimetière Montparnasse, la galerie Revue Noire se fait discrète et sage. On y rentre comme dans une maison : des yeux d’eau ouvrent la porte et ferment le verrou derrière nous. Sur les étagères, les centaines de publications de la maison se serrent les unes aux autres. Sur le bureau, des boites noires s’empilent comme des buildings dans un quartier d’affaires. La galerie habite une petite maison de deux étages avec vue sur une cour intérieure fleurie.

Les éditions Revue Noire ont été créées en 1990 par Jean Loup Pivin, Simon Njami et Pascal Martin Saint Leon. A l’occasion des 10 ans, la galerie est née. Centré sur l’art contemporain africain, Revue Noire joue un rôle déterminant sur la place des artistes africains dans le monde de l’art international.

 Après toute une tempête de parutions presse (ici), je suis tombée complétement par hasard sur cette exposition. Et par chance, programmée depuis automne 2011, elle est prolongée jusqu’au 18 février prochain.

Depara, Night and day in Kinshasa
Jean Depara 
est arrivé en 1951 à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Il a vécu de plusieurs petits métiers dont la photographie. Son appareil : un Adox 6×6. (plus d’infos sur le photographe ici)

On découvre au fil des cadres, Kinshasa comme on ne l’aurait jamais imaginée ou même rêvée, une ville melting-pot avec de nombreux expatriés et locaux autour d’une bière Primus ou d’un Martini. Robes 60′s façon Jacky O’ sur la taille et musique du Congo belge dans le coeur… Tout ça bien avant la “Zaïrianisation” de Mobutu…

Des femmes avec le visage grossièrement blanchi à la poudre (du Beyoncé avant l’heure). Des teddy boys locaux avec leurs jeans rêches et retroussés aux chevilles. Des guitares électriques et des concerts sauvages. Des concours de musculation autour d’une piscine. La fièvre des nuits folles passées au night club, et l’amour affiché sans honte, l’amour révélé sur carte postale ou sur un grand format. Des femmes libres sur un lit et d’autres couples enlacés..

Infos pratiques : GALERIE REVUE NOIRE, 8 rue Cels, Métro Denfert-Rochereau, entrée gratuite, du mercredi au samedi de 13h à 19h.

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Exposition photo : la Nouvelle Vague à la Galerie Polka

Rue Saint-Gilles, la galerie Polka présente une nouvelle exposition : Le cinéma du reporter de Raymond Cauchetier. Initialement photographe de guerre, Cauchetier va ensuite être le photographe attitré de Claude Chabrol, Agnès Varda, Jacques Demy, Jean-Luc Godart, François Truffaut.. Bref, le photographe de la Nouvelle Vague.
Dans le petit pavillon situé dans la cour de la galerie, vous pourrez découvrir au sous-sol les tirages  de son Rolleiflex. On y mêle plateaux de cinéma et Asie du sud : Indochine, Cambodge…

A vous les planches-contact de Lola dans le Hall d’un cinéma, Jules et Jim où l’on découvre un Truffaut entre deux prises de vue, ou encore Godart en train d’expliquer une scène à Belmondo et Jean Seberg un premier jour de tournage..

Parenthèse : cette exposition met en miroir les photos de Godart et de Truffaut. Ça peut sembler naturel et pourtant je trouve que c’est un face à face assez violent. La dernière fois que j’ai vu un film de Godart, Socialisme, j’ai eu la nausée toute la nuit. Allez savoir pourquoi son cinéma me retourne toujours un peu, il dérange une partie de moi. François Truffaut, au contraire, c’est une sorte de repère, un cadre figé et rassurant : cette voix off qui vous éduque, ses répliques récurrentes “les femmes sont magiques ?” et ce cher, très cher Antoine Doinel… En fait, selon moi tout oppose ces deux réalisateurs.. la sécurité VS le risque.

Lola à la galerie Polka de Raymond Cauchetier

A bout de souffle à la Galerie Polka de Raymond Cauchetier

— « C’est vraiment dégueulasse. »
— « Qu’est-ce qu’il a dit ? »
— « Il a dit : vous êtes vraiment une dégueulasse. »
— « Qu’est-ce que c’est dégueulasse ? »
(extrait de À bout de souffle de Godart)

Infos pratique : Galerie Polka, 12 Rue saint-Gilles, 75003 Paris (métro Chemin Vert), entrée libre.

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